Obstétrique : peu d’espoir de prendre du mieux
Ruptures de services fréquentes
Les découvertures et les ruptures de service en obstétrique en Gaspésie ne sont pas près de se résorber.
Durant les fêtes, Maria et Gaspé ont connu des ratés en raison du manque d’infirmières et la situation se reproduit pratiquement à chaque mois du côté de Sainte-Anne-des-Monts.
Depuis près d’un an, le CISSS de la Gaspésie a lancé des comités locaux et régional pour tenter de trouver des solutions, mais ce n’est pas simple.
« Les solutions ne sont pas simples. Le dénominateur commun est le manque d’infirmières. On réfléchit à l’intégration des sage-femmes, l’élargissement du champ professionnel des infirmières auxiliaires, mais il n’en demeure pas moins qu’on a besoin d’infirmières en Gaspésie », mentionne le directeur des soins infirmiers du CISSS, Maxime Bernatchez.
Actuellement, il manque 47 soignantes dans le réseau de santé gaspésien.
Chaque fois qu’il y a une découverture ou une rupture de service en obstétrique, des citoyens suggèrent de prendre des infirmières ailleurs dans l’hôpital pour combler les besoins.
« Ce sont des infirmières spécialisées qui nécessitent une formation spécialisée et parfois une exposition dans un milieu comme Québec pour s’assurer d’avoir les compétences pour prendre en charge les besoins de la maman qui accouche et les soins au nouveau-né. On ne peut pas prendre pour le moment une infirmière de l’urgence ou d’une autre unité de soins et la déplacer en obstétrique sans cette formation spécialisée », explique le gestionnaire.
Le resserrement de l’utilisation de la main-d’œuvre indépendante déjà en vigueur dans plusieurs régions et qui le sera en octobre prochain en Gaspésie n’aide pas à combler des besoins ponctuels.
« Ces découvertures étaient généralement comblées par de la main-d’œuvre indépendante. Certaines font le choix de réintégrer le réseau dans leur région. Ça met une pression supplémentaire en obstétrique mais aussi sur les besoins globaux », dit-il.
Aucune solution réelle
Même si une réflexion est en cours pour trouver des solutions, il serait utopique de régler cette situation en 2026.
« Le défi est grand. On travaille en collaboration avec l’Université Laval et le siège social de Santé Québec, autant qu’avec nos partenaires internes et externes. On entrevoit encore des défis. On a besoin d’infirmières en Gaspésie. On travaille fort pour en intégrer. On espère des jours meilleurs en 2026 », affirme M. Bernatchez.
La situation n’est pas unique en Gaspésie. « Il y a une réflexion nationale avec les organismes que je vous ai nommés et s’inspirer des pratiques d’autres régions qui ont une meilleure couverture. »
Le CISSS veut trouver toutes les solutions pour maintenir les quatre centres d’obstétrique en Gaspésie de Chandler, Gaspé, Maria et Sainte-Anne-des-Monts. « On ne lance pas la serviette. On souhaite absolument maintenir un service de proximité dans nos réseaux locaux de santé », lance le gestionnaire.
En 2019, le CISSS avait effectué une réorganisation du service dans les quatre centres hospitaliers offrant l’obstétrique.
On y indiquait à ce moment vouloir « trouver des solutions innovantes à court terme », en impliquant le personnel et les médecins dans le contexte de précarité des ressources.
Sept ans plus tard, la situation ne s’est pas améliorée.

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