Le maire de Sainte-Félicité démissionne
Politique municipale
À peine deux mois après son élection, le maire de Sainte-Félicité, André Gagné, a annoncé qu’il démissionnait de son poste.
Néophyte de la politique municipale, André Gagné a vite appris à ses dépens qu’être maire d’une petite municipalité n’est pas de tout repos. « Avant de me lancer, j’avais fait mes devoirs. J’avais écouté plusieurs reportages de l’ex-maire Régis Labeaume sur tous les problèmes qu’on pouvait rencontrer en plus de préparer un programme, car je croyais sincèrement pouvoir apporter quelque chose à Sainte-Félicité. »
Après sa victoire avec 76 % des voix, le principal intéressé se disait en confiance pour mener à bien sa vision des choses. « Toutefois, la première rencontre avec le conseil municipal m’a permis de constater que le conformisme était de mise et qu’il n’y avait pas d’ouverture pour du changement. »
Pourtant, André Gagné avait pris le soin d’organiser une rencontre publique avec tous les candidats aux différents postes de conseillers et à celui de maire afin de connaître leur vision pour la municipalité. « Il y avait environ une soixantaine de citoyens sur place pour cette consultation. Avec la réaction des gens, j’ai senti qu’on avait une opportunité pour faire avancer le village, mais une fois autour de la table du conseil, ce n’était plus du tout ce que je ressentais. »
André Gagné donne quelques exemples. « Personne ne voulait investir dans nos infrastructures sans subvention. Même chose pour notre équipement municipal. J’ai même eu de l’opposition d’un conseiller lorsque j’ai proposé qu’on demande un changement de limite de vitesse de 80 à 70 km/h pour des raisons de sécurité. On m’a même reproché d’avoir pris les devants pour installer une halte-chaleur à la patinoire qui était demandée depuis dix ans par les responsables des loisirs. »
Devant ce mur, André Gagné a pris le temps des fêtes pour réfléchir, conscient que sa démission entraînerait une nouvelle élection à fort coût. « La goutte qui a fait déborder le vase est lorsqu’une conseillère a menacé de poursuivre la ville si elle ne pouvait pas entrer dans son entrée de cour pendant la grosse tempête où la route 132 était fermée. »
Devant cette dernière anicroche, André Gagné a décidé de remettre les clés de la municipalité au directeur général et de concentrer ses efforts ailleurs. « Je vais retourner faire du bénévolat, peut-être m’impliquer à nouveau au sein de la Garde côtière. Chose certaine, j’ai compris qu’il y aura toujours des gens pour critiquer et bloquer toute forme d’avancement », conclut-il.

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