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La passion de l’exploration urbaine

L'histoire derrière les lieux abandonnés
Sébastien Salvas, explorateur urbain. (Photo courtoisie – Visite interdite)

L’exploration urbaine est une véritable passion pour ceux qui la pratiquent. C’est notamment le cas de Sébastien Salvas qui a visité au-delà de 700 bâtiments à ce jour.

L’exploration urbaine se résume par la visite, souvent interdite, de lieux abandonnés. Ça peut être une vieille église désaffectée, une maison privée abandonnée dont le propriétaire est décédé depuis longtemps ou des institutions comme d’anciens hôpitaux.

La passion de Sébastien Salvas pour ce type de visite remonte à loin. « Quand j’étais jeune, mon père m’avait amené sur une base militaire à Saint-Adolphe-d’Howard alors qu’elle était toujours en fonction. C’était une station de défense aérospatiale appelée NORAD. Puis dans les années 2000, j’y suis retournée en compagnie d’une amie alors que l’endroit était fermé. C’était fascinant de voir comment le temps s’était arrêté. »

Devant cette découverte, Sébastien a décidé de prendre des photos et de les mettre sur le web. Devant l’intérêt des internautes, l’explorateur a décidé de démarrer une page consacrée à l’exploration urbaine. L’aventure était officiellement lancée. « À l’époque, c’était fait en secret. On n’en parlait pas trop. J’ai alors décidé que ce que je ferais serait public. »

La mémoire des gens survit au temps. (Photo courtoisie – Visite interdite)

Comment trouve-t-on ces lieux? « Je me promène énormément. Je pars à la recherche de bâtiments abandonnés et c’est surtout de cette manière que je fais mes plus belles découvertes. Parfois, je pouvais partir pendant plusieurs jours. Par la suite, je fais des vérifications pour m’assurer que l’endroit est bel et bien abandonné. Je m’assure aussi que les bâtiments sont accessibles. Il n’est pas question de défoncer une porte ou de forcer une entrée qui a été placardée. Une fois à l’intérieur, je ne touche à rien et, évidemment, je ne vole rien. »

Une autre règle d’or des explorateurs urbains est de ne jamais donner l’emplacement exact d’un bâtiment. « Je ne dirai jamais c’est dans quelle ville. On veut éviter que ces lieux deviennent des endroits prisés par les voleurs de métaux ou les vandales », poursuit Sébastien Salvas.

Un orphelinat qui dégage une énergie lourde. (Photo courtoisie – Visite interdite)

Expérience unique

Visiter ces lieux est assurément une expérience fascinante, ne serait-ce que pour le volet historique, mais il y a plus. « Il y a des bâtiments où l’énergie est encore très lourde. Contrairement à une usine désaffectée, un endroit comme le pensionnat qui accueillait les Orphelins de Duplessis dégage une atmosphère très différente, comme si on ressentait encore la douleur des personnes qui y étaient à l’époque. Même chose quand on visite des sanatoriums ou des hôpitaux psychiatriques. »

Pour l’explorateur, visiter ces lieux est spécial pour plusieurs raisons. « Premièrement, il ne faut pas oublier que des gens y ont vécu. Leur souvenir est là. Il y a aussi tous les endroits riches en histoire, dont certains qu’on n’entend jamais parler pour de multiples raisons. Ça peut être parce que le propriétaire ne veut pas attirer l’attention sur son bâtiment qui est possiblement en piteux état et il ne veut pas de problèmes avec la ville. En conséquence, des bâtiments riches en histoire vont simplement finir sous le pic des démolisseurs et sombrer dans l’oubli. »

Certains endroits n’inspirent pas particulièrement confiance… (Photo courtoisie – Visite interdite)

Il y a aussi tout l’aspect de la sécurité. Lorsque Sébastien entre dans une maison où les planchers craquent et qu’une partie du plafond s’est affaissée, il y a évidemment un risque. Et on ne parle pas des moisissures ou de la contamination à l’amiante « Jusqu’à maintenant, j’ai été chanceux puisque je n’ai subi que des blessures très légères. Comme je ne suis pas ingénieur en bâtiment, j’ai probablement pris des risques plus importants que je ne le croyais. Disons que je ne reste jamais longtemps quelque part. »

À quelques reprises, il a été interpellé par des policiers pour quitter les lieux qu’ils visitaient, mais sans plus. Puisqu’il ne commet aucun vol ni de vandalisme, les forces de l’ordre sont probablement plus tolérantes à son égard. « Il existe une loi qui stipule qu’il est interdit d’entrer par effraction dans un bâtiment, mais il est aussi précisé qu’il doit y avoir une intention criminelle, ce qui n’est pas mon cas », ajoute l’explorateur.

À ce jour, Sébastien a visité plusieurs régions, dont les Laurentides, la Rive-Sud, l’Abitibi et même l’Ontario. Dans son agenda, il entend visiter le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie qui regorgent d’endroits abandonnés. On peut aussi découvrir toutes les photos de ses explorations sur sa page Facebook, Visite interdite.

Certains lieux sont étonnament bien conservés. (Photo courtoisie – Visite interdite)
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