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Expansion du chantier maritime des Méchins : entre succès et défis

Main-d'oeuvre et logement
La croissance du Groupe Océan amène son lot de défis, notamment pour le recrutement de personnel. (Photo LeSoir.ca – Johanne Fournier)

Le secteur naval québécois connaît une période faste, notamment au chantier maritime des Méchins. C’est ce que confirme le porte-parole du Groupe Océan, Daniel Arsenault, tout en soulignant que les perspectives sont excellentes pour l’industrie locale. 

« On est vraiment dans un marché prospère, affirme le vice-président exécutif, construction et réparations navales du Groupe Océan, ajoutant du même souffle que l’entreprise mise exclusivement sur la main-d’œuvre canadienne, sans recourir à l’importation ou à l’exportation.

Cette vitalité économique se traduit par des résultats concrets. Depuis que le Groupe Océan a fait l’acquisition du Chantier maritime Verreault en 2022, une cinquantaine de nouveaux emplois ont vu le jour, surpassant largement les objectifs établis au départ. « Présentement, la croissance est au-delà de ce qu’on avait anticipé », reconnaît monsieur Arsenault.

Besoins criants de main-d’œuvre

Cette expansion rapide entraîne néanmoins des besoins importants en personnel qualifié. Monsieur Arsenault indique qu’une trentaine de postes sont à pourvoir uniquement au site des Méchins. À l’échelle de l’ensemble des activités de construction et de réparation navales, de 60 à 70 postes sont vacants au sein du Groupe Océan.

« Le recrutement et le logement vont être deux défis extrêmement importants à partir de maintenant », reconnaît le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé.

La crise du logement freine le développement

Pour le maire des Méchins, l’expansion du chantier se heurte aux limites d’accueil de sa municipalité. « Présentement, on est saturé », déplore Mathieu Isabel, en expliquant que l’impossibilité de raccorder de nouvelles constructions au réseau d’égout constitue un obstacle majeur.

Les conséquences sont déjà visibles sur le terrain. « Quelques fois, j’entends dire que des employés ont acheté une maison à Grosses-Roches ou dans une municipalité autour parce qu’il n’y avait pas de maisons à vendre aux Méchins », illustre l’élu.

Projet d’infrastructures

La solution envisagée passe par la construction d’étangs aérés, un projet d’environ 20 millions de dollars, dont la première pelletée de terre est prévue l’été prochain. 

Cette installation permettra au chantier maritime de se brancher au réseau d’eaux usées et facilitera la construction de nouveaux bâtiments résidentiels pour loger les travailleurs.

Fierté régionale

Au-delà des enjeux, les élus de la région expriment leur satisfaction face à cette réussite industrielle. « C’est fantastique d’avoir un chantier maritime de cette envergure aux Méchins », se réjouit le député Bérubé, ajoutant que la présence simultanée de deux navires de grande taille démontre la capacité régionale à relever d’importants défis.

Son collègue au fédéral, Alexis Deschênes, y voit une question de souveraineté. « De voir qu’on renforce nos capacités et qu’on peut prendre soin de nos navires marchands, ça me rassure », affirme le député de Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine–Listuguj, se disant prêt à soutenir le chantier maritime dans son développement.

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