Modules de jeux : un combat qui mène nulle part
Écoles de La Matanie
L’accessibilité aux modules de jeux en hiver dans les cours des écoles de La Matanie s’avère être un combat perdu, estime un parent découragé par la situation.
Le Centre de services scolaire Monts-et-Marées (CSSMM) a remis la décision de fermer ou pas les modules de jeux dans la cour des écoles. Or, plusieurs d’entre elles empêchent l’accès aux modules pour la troisième année consécutive, justifiant leur décision par un risque pour la sécurité des élèves.
Un des parents découragés par cette situation est Pier-Olivier Gagné, papa de deux enfants de sept et quatre ans. « Au tout début, quand j’ai posé la question à l’école de ma fille, on m’avait simplement répondu qu’on avait décidé de fermer les modules de jeux à la suite de plaintes de parents. Par contre, on ne savait pas à ce moment-là que le CSSMM avait fourni un outil aux directions d’écoles pour prendre des décisions à la pièce sur la fermeture ou non des modules. »
En plus de l’interdiction d’utiliser les modules de jeux, les élèves doivent marcher à quatre pattes dans la cour d’école lorsqu’il y a des plaques de glace. Le parent mentionne aussi des horaires pour l’utilisation des butes de neige. « J’ai toujours aimé les sports d’hiver. Nous pratiquons tous le ski et le patin. L’important est que mes enfants savent tomber et se relever. Nous ne les élevons pas dans la peur. »
Craintes de représailles
Si les écoles ont le pouvoir d’autoriser les modules de jeux en hiver, on s’aperçoit que la peur l’emporte. « Par crainte d’avoir une plainte, on préfère tout interdire. Personne ne veut prendre la décision d’autoriser l’accès aux modules et être tenu responsable si jamais un enfant se blesse. Et je comprends parfaitement bien qu’un enseignant ou une éducatrice qui est chargé de surveiller une cour d’école n’a pas envie de se faire poursuivre ou réprimander par sa direction », ajoute Pier-Olivier Gagné.
Ce dernier ajoute que le ministère de l’Éducation a mentionné que les gestionnaires peuvent aussi faire appel « au gros bon sens ». Or, selon lui, on ne fait pas la différence entre le danger et le risque. À cet effet, il mentionne que sa fille s’est déjà blessée sur un module de jeux… en été. Faudrait-il tout interdire dans ce cas, lance-t-il ironiquement. « Est-ce qu’on va interdire les ballons si un enfant le reçoit sur le nez? Est-ce qu’on va interdire les bâtons de hockey?
Une école comme Victor-Côté qui se retrouve près du fleuve est plus encline à des changements au sol. « Quand il fait 4 degrés à l’extérieur, ça ne prend pas un baccalauréat pour comprendre que le sol est dégelé. Ce qu’on voit en ce moment, c’est de la gestion par des fonctionnaires et des assureurs.
Pour ce qui est du fameux outil de décision, Pier-Olivier Gagné expose le ridicule de la situation. « Prenons l’exemple qu’une école décide d’autoriser les balançoires aujourd’hui parce qu’il fait beau et qu’il n’y a pas de risque. C’est encore tout un processus parce qu’on doit faire une demande aux ressources matérielles pour que quelqu’un vienne enlever les attaches sur les balançoires. Si par hasard, la personne aux ressources matérielles est absente cette journée-là, la demande ne pourra pas être exécutée. On est rendu là. »

Appui du député
Du côté du député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, il est d’avis que les enfants ont le droit de jouer. « Je trouverais ça dommage que le Centre de services scolaire Mont-et-Marées soit le plus restrictif au Québec. Il faut laisser les enfants jouer dans une cour d’école. Ma préférence est clairement en ce sens et, à mon avis, il faut vraiment des circonstances exceptionnelles pour les empêcher de jouer. »
Ce dernier appuie et applaudit la démarche de Pier-Olivier Gagné. « Je vais d’ailleurs m’assurer de faire un suivi auprès de la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel. Elle a un rôle pour préciser la façon de fonctionner chez les directions d’écoles. Ça prend un cadre clair pour permettre aux enfants de jouer tout en limitant les risques… mais d’abord de jouer », insiste-t-il.

Par