La Haute-Gaspésie fera l’inventaire de ses bâtiments patrimoniaux
La Haute-Gaspésie procédera à un inventaire exhaustif des bâtiments patrimoniaux de son territoire.
Conformément à la loi sur le Patrimoine culturel, toutes les MRC du Québec doivent effectuer cet inventaire des bâtiments patrimoniaux érigés avant 1940. Cet exercice doit être complété avant mars 2026. Pour réaliser ce projet, le conseil de maires de la Haute-Gaspésie a fait appel à Jean-Sébastien Barriault, ex-agent de développement culturel, ancien attaché politique et ex-maire des Méchins.
Le chargé de projet explique que les recherches sont déjà entamées. « Il y avait déjà un inventaire qui avait été fait en Haute-Gaspésie en 1998 et un autre spécifique à Sainte-Anne-des-Monts au début des années 2000. On consulte aussi des outils comme GoAzimut qui donnent déjà beaucoup d’informations sur l’année de construction, la valeur du bâtiment et le nom du propriétaire. »
Il y a aussi les archives papier des municipalités qui serviront pour l’inventaire, mais aussi le bouche à oreille. Certains férus d’histoire dans la communauté possèdent des connaissances approfondies des bâtiments historiques et, dans plusieurs cas, les recherches ont déjà été faites. On peut aussi s’imaginer que les citoyens eux-mêmes ont de l’information sur certains bâtiments.
Valeur patrimoniale
Jean-Sébastien Barriault explique que la priorité est au niveau des résidences privées et des bâtiments institutionnels. Après viendra les petits bâtiments comme des cabanons et des granges. « Évidemment, même si le bâtiment est ancien, il doit y avoir une valeur patrimoniale, soit par son architecture ou autre critère. »
À savoir si cet inventaire viendra freiner certains propriétaires de résidences qui ignoraient qu’ils habitaient une maison patrimoniale, Jean-Sébastien Barriault tient à rassurer les gens. « Ça ne change rien si quelqu’un veut réparer la toiture ou changer des fenêtres. Là où ça pourrait avoir un impact, c’est si la personne veut détruire le bâtiment. Il pourrait alors devoir obtenir un permis. »
Pour accompagner cet inventaire, des photos seront prises. Encore là, on tient à rassurer les gens que ces photos seront prises lorsque personne n’est sur le terrain, question d’être le moins invasif possible.
Exercice pertinent
Le préfet de la Haute-Gaspésie, Guy Bernatchez, estime que l’exercice est pertinent pour orienter certaines décisions des élus dans l’avenir. « Ça va nous permettre d’avoir un inventaire clair, net et précis de nos bâtiments, car je suis pas mal certain qu’il en existe mais qui ne sont par répertoriés. En ayant ces informations, les élus seront en mesure de prendre des décisions plus éclairées, entre autres, s’il est question de détruire ou rénover un bâtiment. »
Le préfet croit que le gouvernement a pris cette décision afin d’éviter que des municipalités permettent que des bâtiments patrimoniaux soient rasées pour y construire des nouveaux quartiers résidentiels, des commerces ou des stationnements.
